écal

Projet de recherche, ECAL 2012

en FORMATIONS UNITE DE THEORIE

par Romain Mader

Professeur(s): Joël Vacheron


Ekaterina Maevskaya

Photographie


Extrait


Tout a commencé quand j’ai décidé que, comme les autres garçons normaux, je pourrai avoir des relations sexuelles avec des filles. C’était vraiment difficile au début car je suis du genre timide…

Je savais comment les inviter mais après coup je n’avais pas le courage de passer à l’action comme on dit. Beaucoup de fleurs, parfums, cinémas, bières et martini offerts pour pas grand chose.Je me suis tout de même fait beaucoup d’amies… «Je suis désolé mais cela ne m’intéresse pas, tu es quelqu’un de bien et tu mérites mieux mais on peut rester amis». Les amis c’est pas ce que je cherchais, j’en avais déjà et avec eux je buvais des bières. Pas besoin d’une copine pour ça.

Comme disait Fuzati, un de mes musiciens favoris de l’époque «Marre de tirer des thunes pour essayer de tirer des filles». Même si moi, c’était quelqu’un de fidèle que je cherchais.

Frustré car ça allait très bien pour mes amis bûcherons et carreleurs. Incompréhension.

J’avais beau me donner au maximum cela ne fonctionnait pas. J’invite une fille qui me plaisait beaucoup à manger des sushis à la maison que j’avais préparés, j’achète un livre exprès pour apprendre à les faire et elle s’excuse à la dernière minute de ne pas pouvoir venir pensant qu’elle n’était pas la seule invitée. Problème de communication.

Je me suis mis à chercher un coach de drague etaprès une longue d’investigation j’ai trouvé Jana.k.a. Trigger, mon wingman. Trigger est de Genève, je l’ai rencontré via un ami. Nous étions les deux à la recherche du bonheur à court terme, rapide efficace et surtout sans problèmes. Notre principale motivation était de trouver des filles avec qui s’amuser et avoir une histoire prenante à raconter à nos petits enfants dans le future.

Trigger avait pour habitude de sortir à Lausanne car, personne ne le connaissait et parce qu’il trouvait cette ville plus ouverte pour ce genre de chasse. Nous avons donc commencé à nous rencontrer et à sortir ensemble sur Lausanne. Après quelques rencontres la routine commençait à s’installer, nous avions un ordre bien précis des bars dans lesquels nous devions passer prendre un verre. Aborder des jolies jeunes et moins jeunes femmes. A l’inverse de Trigger j’avais passé la plus part de mon premier quart de vie dans cette ville. Le but était donc d’aller dans des endroits où le marché était porteur et inconnu pour nous. Notre chemin pour le 7ème ciel ressemblait à ça (avec une grande part de hasard bien sur quant à la finalité): The Great Escape, ensuite la Girafe, suivi rapidement du XIIIe siècle et finalement le Lido… et avec un peu d’ambition l’appartement d’une fille… mais cela ne fonctionnait pas vraiment comme on le souhaitait.

Après quelques soirées d’entraide, bien qu’il ait été plus avancé que mois au début, nous étions prêts pour le grand saut dans les culottes des filles.

Devenir intime avec les filles grâce à l’aide de Trigger était mon but principal. Et il serait judicieux de souligner que cela commençait à marcher.

Mon coach me donnait quelques phrases d’ouverture à essayer, je m’y appliquais et remarquaitque les plus simples restaient les plus efficaces mais que ça ne marchait pas tout le temps. Avant desortir il y avait tout une phase d’apprentissage viades livres, dont le très fameux «Bang» du pick-up artistRoosh V. On y lit les aventures et techniquesd’hommes à l’aise avec les filles. «A l’aise?» sera d’ailleurs une des phrases d’introduction à essayer proposée par mon compagnon de kermesse. C’était amusant de se prendre un vent à cause d’une technique hasardeuse et de ne plus se soucier de l’avis des gens.

Je crois que ces méthodes aident beaucoup plus à se sentir libre et oublier sa timidité qu’à engager des discussions intéressantes. C’est plus le fait de donner l’impression d’être à l’aise justement quede demander si elles le sont qui fonctionne. Trigger me suggérait d’ailleurs de ne pas poser de questions sur l’état de la fille, de ne pas donner trop d’informations dès le début car la conversation risquerait de couper court. Il faut se mettre en valeur sans trop en dévoiler.

Un jour dans ma cave j’ai remarqué les bouteilles de vin datant de 1988 que mon père avait acheté à ma naissance. Elles étaient stockées au frais pour le jour ou j’aurai un événement important à célébrer, le mariage si j’avais bien compris. La pression était grande et il fallait que l’on débouche ces bouteilles avant qu’elles soient imbuvables. Ma motivation redoublait et les sorties aussi.

Aborder les filles en anglais les faisaient rentrer dans un jeu. Elles se rendaient bien compte que j’étais de langue maternelle française mais cela les intriguaient et se joignaient volontiers à mon petit jeu. Ce petit divertissement ne marchait pas du tout sur les hommes, il les rendaient plutôt agressifs que sympathiques.

A plusieurs reprises lors de nos sorties il à utilisé la fameuse technique du Peacockingde Mystery. Elle requiert beaucoup d’auto dérision et vous attirera les foudres des autres mâles que vous rencontrerez. Elle consiste à imiter la parade nuptiale du Paon qui, pour la réussir, déploie ses plumes qui attirent femelles et prédateurs. Comme l’animal, vous devrez faire face aux attaques des prédateurs, réussir à les repousser afin de séduire la femelle. Elle aura compris que vous êtes un mâle dominant car vous n’avez ni peur du ridicule ni des adversaires.

Trigger portait fièrement un chapeau de Cow-Boy rouge, nous partagions quelques bières et quelques filles venaient lui causer. Sans pour autant que ce soit la folie. La première fois qu’il l’a porté il m’a raconté qu’il avait pu openun groupe d’hôtesses de l’air qui faisaient un arrêt à Genève. Il avait sortit l’accroche désormais culte «What you need is a good spanking», qui avait selon ses dires fait son effet. Trigger me racontait que son look de parade l’avait aidé à devenir proche de ses sujets, un peu comme les cabanes portatives que l’on peut découvrir dans Chasse & Pêche  pour tirer le canard. Il arrivait donc à tirer son coup, et cela marchait si bien qu’il n’avait pas prévu assez de capotes pour rendre tout ces numéros de téléphones utiles. Je restais sceptique.

THEORIE, Mémoire, Romain Mader 1205

Romain Mader, Photographie, Prof. Joël Vacheron — Ekaterina Maevskaya