écal
Dimanche 31.01.2016
Editions ECAL

JOURNAL TYPO-GRAPHIQUE

La lecture du texte est en lien direct avec notre mémoire et l’image que nous nous faisons du texte. Quelques mots disparaissent de notre champ visuel, d’autres s’y incrustent. Quelques mots persistent par leur sonorité, leur contenu, mais aussi leur emplacement dans la page, leur graphisme, c’est-à-dire leur corps, leur graisse, leur clarté, leur gris.

Ce projet est une étude typo-graphique sur notre rapport visuel à un texte donné. Quel paramètre et système typo-graphique pouvons-nous développer pour la composition du texte et son image.

1) Texte
Un groupe rédactionnel est responsable du choix des textes et des mots, des passages, des exergues intéressants à utiliser pour la composition du journal. Source : la presse actuelle. Le choix peut être établit en utilisant des paramètres fixes tels que la sélection d’adjectifs, de noms ou de verbes d’un texte, faire l’inventaire des composants, etc. Cette sélection sera notre mémoire du texte et son expression. Cela va abstraire son contenu. Cette méthode d’écriture fait référence entre autres à l’écriture automatique, née dans le mouvement surréaliste sous l’impulsion d’André Breton, ainsi que la poésie concrète et la typographie sémantique d’Anthony Froshaug.

Un sous-groupe est responsable de la grille et de la production finale du journal. Ce groupe est aussi responsable de la nouvelle composition des textes dans la grille. Le journal se compose sur une grille et un nombre de colonne prédéfinis (lire ci-dessous). Les outils typographiques sont réduits au strict minimum. Ils n’ont pas la fonction d’exprimer le contenu, mais de valoriser le texte et de rendre visible les paramètres de transformation et de composition de ces derniers.

2) Graphisme
Un deuxième groupe est responsable de l’image graphique. Ce groupe devra développer un vocabulaire graphique capable de répondre au texte et à sa composition. Ce langage graphique est à comprendre comme un vocabulaire, son usage comme une grammaire. Ce langage graphique sera purement abstrait. Il sera développé comme une police de caractères contenant divers éléments graphiques tels que le filet droit, le filet oblique, le gris du filet (sous-entendu son épaisseur), la trame régulière, la trame régulière circulaire, la trame régulière triangulaire, la trame aléatoire, aléatoire circulaire, semi aléatoire, la forme spatiale, celle qui transcrit un espace, un espace circulaire, un espace étroit, un espace haut, un espace rectangulaire et pour finir la forme singulière.

Un sous-groupe sera responsable de la grammaire de ces signes graphiques. La grammaire comprend la composition de ces différents vocabulaires dans l’espace donné par la page. L’enjeu est l’échelle à laquelle ils sont utilisés et avec quelle systématique ils sont composés dans la page. Leur système de composition doit être idéalement visible. Inutile d’illustrer le contenu. L’objectif est de créer un univers visuel singulier et spécifique à chacune des compositions typographiques. Cet univers visuel sera responsable d’une atmosphère, d’une tension, d’une dynamique, d’une absurdité, d’un vide, d’un plein, d’un horizon, d’une fuite, d’un point de fuite, d’un calme, d’une nervosité.

Ludovic Balland

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Colophon

Format : 375 Å~ 520 mm
Marges : 15 mm
Police : Times New Roman
Ligne de base : 9pt / corps : 8.5pt / navigation à 40 mm

Direction Artistique: Ludovic Balland www.ludovic-balland.ch

• Groupe Texte: Mélanie Blanc, Sebastian Davila, Jenny Donnet-Descartes, Boris Fernandez, Loana Gatti, Vidal Mateos, Gwendolyn Ummel, Sabrina Vega, Mathieu Visentin

• Groupe Image graphique: Giacomo Bastianelli (Giacofont), Victoire Bornhauser (Vicocow), Benoît Brun (Mashallah & Mashmallow), Ariane Delahaye (Hute & Darkforest), Sarah Di Venosa (CC-Posto), Laurence Favez (Punt), Clément Gicquel (Mimisiku), Marine Giraudo (Gitype), Amaury Hamon (Modo-H & Camo), Valentin Kaiser (Kaiser Cube, Isocube, Lune & Path2), Sereina Kessler (Zikzak Contrast), Thomas Le Provost (Caillebotis),m Dimitri Nägele (Dotdotdot family), Sophie Soulié (Flèche2). Laetitia Troilo (Cube, Ninja & Veg)

Imprimé par Newspaper Club – ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne
Janvier 2016

Reproduction ECAL/Younès Klouche